La santé simplifiée : une seule base à appliquer.

On dirait que les bases sont infinies dans le domaine de la santé. C’est une autre façon de dire qu’il est facile de se laisser berner et de prendre pour essentiels des gestes qui en faits ne le sont pas.

D’abord, pour être en santé, la base est suffisamment simple. Elle fonctionne comme un bâtiment : il y a les fondations, qui sont communes à tous, puis ensuite, à chaque étage, il y a de nouveaux éléments de structure qui reposent en faits toujours sur la fondation commune. Chaque niveau a besoin du support de l’étage sous-jacent. Ça c’est simple à comprendre. En architecture, on dit aussi que la base pour assurer la vie réussie d’un bâtiment et de ses habitants est le lieu, le lieu, le lieu.

Pour transposer au domaine de la santé physique, les bases à maîtriser sont les suivantes : le mouvement, le mouvement, le mouvement.

Tant qu’un être humain est en mouvement, il tend vers la santé. Le matin, au réveil, le premier « geste » est un mouvement : on ouvre les yeux. Ensuite, on met un pied par terre, puis l’autre. Quand on s’asseoit sur la toilette, c’est un mouvement qui nous libère de la pression de l’urine dans notre vessie. On entre en relation avec le monde par un mouvement, qu’il soit volontaire ou involontaire.

Le petit déjeuner est aussi un mouvement. La main prend un fruit et le porte à notre bouche. Un café pour beaucoup d’adultes en Amérique du Nord ou en Europe. C’est encore un mouvement. S’habiller, se doucher. Voilà.

Le mouvement, le geste du corps physique, nous anime, exprime nos besoins, nous met en relation avec l’environnement physique qui répond aussi par un mouvement.

Avez-vous pensé à concentrer toute votre motivation à être en santé à cette simple base : être en mouvement? Soyez en mouvement puisque vous l’êtes déjà. Écoutez simplement toutes les cellules, tous les tissus, tous les muscles, même au repos, sont en mouvement. Simple. Simple. Simple. Et si ensuite vous avez envie d’entreprendre un très longue aventure comme une course de distance ou un trail dans le bois, tout le mouvement de votre corps vous y aura entraîné(e).

Une légère tension, en continu.

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Juan Pablo Serrano Arenas, image tirée de Pexels

J’ai installé mon portable sur une table surélevée, de sorte que lorsque je suis debout, j’ai les avant-bras en appui pour écrire, sur cette table. Ce qui fait que l’écran est devant mon cœur, et que je l’ai incliné pour qu’il soit sensiblement à hauteur de mon regard. Debout, je dois rester bien éveillée sur mes deux pieds pour écouter, lire ou écrire.

J’étais en train d’écouter une formation en ligne, ce matin, debout devant mon écran d’ordinateur. Cela m’a frappée comme un éclair. Impossible de vraiment se délester de la tension quand on est debout. Alors qu’en position assise, surtout si je suis adossée contre un bon coussin moelleux, je m’abandonne de toute ma pesanteur et je peux facilement sombrer dans un demi-sommeil, c’est le contraire en position d’attention…debout.

Il existe en permanence une tension musculaire pour rester debout, surtout si la verticale n’est pas alimentée par le mouvement des jambes, des pieds, des bras. Ce qui m’a frappée comme un éclair est le lien qui s’est établi tout seul : Monique Deschaussées.

J’ai rencontré cette femme vigoureuse et peu banale lors de la préparation de mes concerts, quand j’étais étudiante aspirant à la maîtrise en piano classique, à l’Université de Montréal. Monique Deschaussées, d’abord élève des grands maîtres Cortot et Fischer, s’est ensuite tracé une voie comme pédagogue du piano. J’ai suivi quelques ateliers avec elle dans le but d’améliorer mes sensations techniques au piano.

Elle nous enseignait des exercices musculaires des doigts, de toute la main, du poignet, entre autres. C’est le souvenir d’un de ces exercices, particulièrement exigent, qui s’est imposé de façon fulgurante ce matin. Je devais garder la main bien arrondie, en forme de pomme, avec chacun des bouts de doigt légèrement en contact avec la table, comme tous les débutants l’apprennent au piano. Je devais ensuite m’assurer que chacun de mes avant-bras soit bien supporté sur la table et que mon corps soit déposé sur les ischions, comme sur un banc de piano, tout en préservant une position de redressement de la colonne vertébrale. Tout en étant très détendue, je devais maintenant appuyer sur un seul bout de doigt en contact avec la table et arriver à soulever le doigt jusqu’à son « toit », c’est-à-dire son attache phalangienne avec le métacarpe correspondant. Ensuite, lorsque l’effort était complété, je devais relâcher ce poids mais JAMAIS COMPLÈTEMENT, de telle sorte qu’un état de sous-tension était présent constamment. Et je devais m’habituer à vivre avec cet état de vigilance qui supportait l’effort. Ensuite, il y avait de 50 à 100 répétitions par doigt d’une main, puis de l’autre.

Ce qui était excessivement difficile pour moi était non pas l’effort lui-même, ni les nombreuses répétitions. Mais c’était d’arriver à conserver un état de tension minime en permanence. NE PAS RELÂCHER COMPLÈTEMENT. AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

La tentation humaine à notre époque est de s’avachir aussitôt qu’on a fait un effort. Et c’est exactement ce qui m’a frappée ce matin, devant l’ordinateur. Alors que je m’imposais de rester détendue en position debout, je me suis aperçu qu’un véritable état de détente sous entend une vigilance imperturbable.

Pourquoi je vous partage ça ?

Parce que ça a tellement de bon sens : on se « force » à bien manger toute la semaine et le samedi soir, les chips, les grignotines au bbq, le vino coule à flots à l’apéro, le souper est copieux et la grosse tarte de ma tante est au programme pour dessert. Et on trouve ça normal. Parce que la plupart d’entre nous laissons tomber toute vigilance dès que la semaine est finie ou que la ligne d’arrivée est franchie.

Je n’ai pas de recettes parce que je n’ai pas de livre à vendre. Mais je sais ceci parce que je l’ai appris dans mon corps. Ce qui épuise n’est pas l’effort, n’est pas non plus la vigilance et la direction vers un but choisi avec passion. Ce qui épuise est l’arrêt complet de toute direction, la mise à « off » complète qui suit un effort soutenu. Parce que l’arrêt n’existe pas dans le langage de la vie.

Alors, continuons.

Maître Paruline : une leçon de vie.

Hier matin, jour férié de la Fête du travail, je me rendais chercher du pain sur la rue Mont-Royal avec mon amour. Main dans la main, on parlait de notre fin de semaine sportive. Tout à coup, Steph m’a fait remarquer une petite boule plumeuse sur le ciment du trottoir. C’était un petit oiseau vert et gris foncé, figé mais tout de même sur ses pattes, comme s’il était sous le choc.

D’un seul coup d’œil nous avons convenu de l’amener chez nous. Steph l’a ramassé sans qu’il ne réagisse. Il était en choc et on craignait qu’il ne soit blessé. Rendus à la maison, nous avons appelé un ami qui vit dans le voisinage, qui avait chez lui une cage inutilisée que j’ai pu aller la chercher rapidement.

Nous l’avons appelé Sica, pour faciliter la communication. Après avoir déposé de l’eau et un peu de nourriture de nos perruches, maladroits (car à ce moment nous ne savions même pas s’il était un oiseau sauvage ou domestique), nous l’avons vu s’immobiliser et rester figé sans manger ni boire durant plusieurs heures. De notre côté, à force de lire, en tentant de joindre « Le nichoir », nous avons pu découvrir qu’il appartenait possiblement à la famille des passereaux, qu’on pouvait croire qu’il était une paruline verte et qu’il mangeait des insectes et des chenilles, et en automne, des petites baies.

J’ai couru couper une branche de framboisier et arracher des serpentins de thym frais qui courent dans mon jardin. J’ai déposé tout ça dans le fond de sa cage et alors seulement il a bougé et s’est perché sur la tige de bois que j’avais installée pour lui. J’ai couvert sa cage pour la nuit pour qu’il soit tranquille et dorme, et je suis allée dormir, moi aussi. Il y est resté ensuite plus de 12 heures, durant la nuit, sans bouger.

Le lendemain, il était gonflé, son œil était moins vif et je m’inquiétais. Peut-être aurions-nous du aller le porter hier ? Peut-être était-il blessé et le cachait… bref, je n’étais pas tranquille. Mais Steph m’a dit : « Allons le porter dans les bosquets du parc Laurier où il n’y a pas de chats. Il sera plus à son aise dans son milieu de vie. Il se soignera et guérira plus facilement là, s’il a besoin de le faire. »

J’étais peu convaincue mais je me suis dit que c’était tellement logique et rationnel. Nous avons donc soulevé la cage et aussitôt que nous avons ouvert la porte de la cour, au vif de l’air frais et dans la lumière du grand pommier et du magnolia, il s’est gorgé de vie et a commencé à voler contre les barreaux, en voulant évidemment sortir.

Nous l’avons conduit jusqu’aux bosquets d’hydranger et déposé sur l’herbe. Là, nous avons soulevé le grillage. Il ne bougeait pas toutefois. Alors, nous avons approché la cage des grandes fleurs et des branches et il s’est élancée. Il était libre.

Pourquoi je vous raconte ça ? Parce que j’ai intégré ces principes connus d’un seul coup :

L’environnement propre à chaque être vivant a tout ce qu’il lui faut pour le supporter à se développer, à se guérir, à apprendre. Chaque être le pressent et c’est cet environnement qu’il lui faut et pas un substitut.

Chaque être est sauvage dans le sens qu’il est l’indigène de sa propre nature et il est autonome et responsable en ce sens de retrouver tous les éléments qui lui font du bien.

Merci petit oiseau magnifique. Ton séjour chez moi t’a peut-être sauvé des crocs d’un chat. Et en ce sens, je suis vraiment fière qu’on ait répondu. Mais c’est tout ton cœur qui appelait ton boisé et c’est ce boisé qui t’apportera les éléments qui te permettront de poursuivre ton chemin d’oiseau.