Maître Paruline : une leçon de vie.

Hier matin, jour férié de la Fête du travail, je me rendais chercher du pain sur la rue Mont-Royal avec mon amour. Main dans la main, on parlait de notre fin de semaine sportive. Tout à coup, Steph m’a fait remarquer une petite boule plumeuse sur le ciment du trottoir. C’était un petit oiseau vert et gris foncé, figé mais tout de même sur ses pattes, comme s’il était sous le choc.

D’un seul coup d’œil nous avons convenu de l’amener chez nous. Steph l’a ramassé sans qu’il ne réagisse. Il était en choc et on craignait qu’il ne soit blessé. Rendus à la maison, nous avons appelé un ami qui vit dans le voisinage, qui avait chez lui une cage inutilisée que j’ai pu aller la chercher rapidement.

Nous l’avons appelé Sica, pour faciliter la communication. Après avoir déposé de l’eau et un peu de nourriture de nos perruches, maladroits (car à ce moment nous ne savions même pas s’il était un oiseau sauvage ou domestique), nous l’avons vu s’immobiliser et rester figé sans manger ni boire durant plusieurs heures. De notre côté, à force de lire, en tentant de joindre « Le nichoir », nous avons pu découvrir qu’il appartenait possiblement à la famille des passereaux, qu’on pouvait croire qu’il était une paruline verte et qu’il mangeait des insectes et des chenilles, et en automne, des petites baies.

J’ai couru couper une branche de framboisier et arracher des serpentins de thym frais qui courent dans mon jardin. J’ai déposé tout ça dans le fond de sa cage et alors seulement il a bougé et s’est perché sur la tige de bois que j’avais installée pour lui. J’ai couvert sa cage pour la nuit pour qu’il soit tranquille et dorme, et je suis allée dormir, moi aussi. Il y est resté ensuite plus de 12 heures, durant la nuit, sans bouger.

Le lendemain, il était gonflé, son œil était moins vif et je m’inquiétais. Peut-être aurions-nous du aller le porter hier ? Peut-être était-il blessé et le cachait… bref, je n’étais pas tranquille. Mais Steph m’a dit : « Allons le porter dans les bosquets du parc Laurier où il n’y a pas de chats. Il sera plus à son aise dans son milieu de vie. Il se soignera et guérira plus facilement là, s’il a besoin de le faire. »

J’étais peu convaincue mais je me suis dit que c’était tellement logique et rationnel. Nous avons donc soulevé la cage et aussitôt que nous avons ouvert la porte de la cour, au vif de l’air frais et dans la lumière du grand pommier et du magnolia, il s’est gorgé de vie et a commencé à voler contre les barreaux, en voulant évidemment sortir.

Nous l’avons conduit jusqu’aux bosquets d’hydranger et déposé sur l’herbe. Là, nous avons soulevé le grillage. Il ne bougeait pas toutefois. Alors, nous avons approché la cage des grandes fleurs et des branches et il s’est élancée. Il était libre.

Pourquoi je vous raconte ça ? Parce que j’ai intégré ces principes connus d’un seul coup :

L’environnement propre à chaque être vivant a tout ce qu’il lui faut pour le supporter à se développer, à se guérir, à apprendre. Chaque être le pressent et c’est cet environnement qu’il lui faut et pas un substitut.

Chaque être est sauvage dans le sens qu’il est l’indigène de sa propre nature et il est autonome et responsable en ce sens de retrouver tous les éléments qui lui font du bien.

Merci petit oiseau magnifique. Ton séjour chez moi t’a peut-être sauvé des crocs d’un chat. Et en ce sens, je suis vraiment fière qu’on ait répondu. Mais c’est tout ton cœur qui appelait ton boisé et c’est ce boisé qui t’apportera les éléments qui te permettront de poursuivre ton chemin d’oiseau.

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